Alors qu’approche le printemps, le réseau des Médiathèques de la Communauté urbaine de Strasbourg présente une seconde fois la manifestation traduire l’Europe. Sa tenue se rapproche, toutes proportions gardées, du développement de l’Union Européenne : les traces de l’histoire s’y mêlent à des aventures littéraires - et donc humaines - destinées à un vaste public composé de représentants de toutes les générations. À l’heure où les citoyennes et les citoyens de notre continent revendiquent une appartenance commune à des valeurs culturelles partagées, ces aventures littéraires constituent une riche mosaïque. Un fil d’or court à l’intérieur de celle-ci.
L’édition 2010 de traduire l’Europe ne prendra donc pas seulement en compte, sous la forme d’ateliers linguistiques, de séances de contes, de lectures polyglottes, de conférences ou d’une bourse de la traduction, les chatoiements variés de ce fil d’or. Ceux-ci brilleront aussi par la saveur sonore de diverses langues et par la musique irlandaise, autant que par le moment où les mots se taisent devant les images dans le cadre d’expositions photographiques. En outre, bibliothécaires et libraires diront - ensemble - leur passion partagée pour plusieurs auteurs européens.
L’Europe de Strasbourg - cité emblématique des littératures et du dialogue fraternel entre les peuples - n’est évidemment plus celle où, en 1949, les pères fondateurs du Conseil de l’Europe firent naître un monde ouvert et pacifique sur un continent déchiré par les guerres. traduire l’Europe 2010 nous rappellera que la facilité avec laquelle nous nous déplaçons aujourd’hui est partagée par la romancière Barbara Honigmann.
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Établie à Strasbourg depuis une décennie, elle bénéficie d’une notoriété internationale. La projection d’un documentaire consacré à son cheminement entre Berlin et Strasbourg montrera que la littérature européenne vit des voyages, s’enrichit des transhumances. N’est-elle pas un témoignage de l’expérience humaine, également incarnée par la présence de la littérature turque pendant traduire l’Europe ? Celle-ci y sera notamment représentée par une résidence de l’écrivain Ali Teoman.
On sait, au travers des actions de l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL), l’implication du monde associatif dans la réalisation de traduire l’Europe. L’ACEL, à nouveau partenaire de notre manifestation 2010, sera deux jours durant associée très étroitement aux 5e Rencontres Européennes de Littérature. Y seront, entre autres, fêtés le poète et essayiste Pierre Dhainaut, des traducteurs - ces indispensables intermédiaires entre les auteurs et les lecteurs ne maîtrisant pas leur langue d’expression - et deux écrivains emblématiques : la poétesse athénienne Kiki Dimoula, dont l’œuvre témoigne de la vitalité actuelle de la Grèce dans cette forme d’expression ; l’écrivain canadien d’origine argentine Alberto Manguel. Invité d’honneur des 5e Rencontres Européennes de Littérature, ce dernier a été autrefois le lecteur d’un aveugle nommé… José Luis Borges. Homme lucide, Alberto Manguel tente de décrypter
- au travers des veinures du fil d’or évoqué au début de ce texte - l’avenir de la littérature européenne. Quelles seront, à l’heure de la mondialisation, les forces et les limites de celle-ci ?
Nous remercions tous les artisans, les invités et le public de traduire l’Europe pour leurs contributions respectives à cette manifestation.
Elle ne fait pas qu’attester de la vitalité de la culture à Strasbourg et dans sa Communauté urbaine. Elle montre que, à une époque où le livre n’est plus l’unique support de la pensée, de l’émotion ou de la narration, le patrimoine européen s’enrichit en permanence d’aventures nouvelles. Tous peuvent les vivre…
Souad El Maysour
Vice-Présidente de la Communauté urbaine
de Strasbourg
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Daniel Payot
Adjoint au Maire,
chargé de l’action culturelle de la Ville de Strasbourg
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